ACTUALITÉS : Des chantiers publics pour retrouver un emploi
Source : Journal l’Union du 27 mars 2013.
Prévues par le droit français, les clauses d’insertion permettent de promouvoir dans l’emploi les personnes qui en sont éloignées, à travers les marchés publics. Elles permettent ainsi de réserver une partie des heures de main-d’œuvre à l’embauche de personnes en difficulté, à savoir les chômeurs de longue durée, les moins de 26 ans et les bénéficiaires du RSA.
L’an dernier, ce dispositif a fait ses preuves. Selon Djamel Didy, directeur de la Chambre régionale de l’économie solidaire en Champagne-Ardenne, « au niveau régional, la cité rose reste un exemple ! ». Pour preuve, à Vitry-le-François, 9,16% des heures travaillées sur les chantiers du Programme de rénovation urbaine l’ont été l’an dernier sous clause d’insertion, alors que l’obligation légale est fixée à 5%. En six ans, 104 personnes ont ainsi été embauchées sur divers chantiers : des plaquistes, des électriciens, des peintres, des maçons, des menuisiers, des ouvriers d’espaces verts…
Le dispositif est simple. Les candidats sont proposés par le PLIE (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi). L’association, en partenariat avec Pôle Emploi ou la Mission locale, sélectionne les personnes éligibles à la clause d’insertion. Des CV sont ensuite envoyés aux entreprises attributaires des marchés publics qui clôturent le processus en recrutant. Ces personnes éloignées de l’emploi sont ensuite suivies sur le chantier et en dehors. « Nous sommes là pour valider et consolider un projet professionnel », constate Yann Esdras, le premier magistrat de la commune de Vitry-le-François.
Le dispositif ayant le vent en poupe, la clause d’insertion a été intégrée à des chantiers qui ne s’inscrivent pas dans le cadre du Programme de rénovation urbaine.
« Nous n’avons pas été déçus »
Interview de Franck Delanchy, responsable du bureau d’études Nicoletta-Fantoni à Vitry-le-François.
Sans la clause d’insertion obligatoire, auriez-vous fait appel à des personnes éloignées de l’emploi ?
Franck Delanchy : « Sans la clause d’insertion, nous ne serions jamais allés vers ce public-là parce que nous recherchons des personnes qualifiées. L’an dernier, nous avons pris quelqu’un deux mois pour un chantier de bardage extérieur à Vitry Habitat. Cette année, nous avons recruté une femme pour faire de la peinture. Nous avons mutualisé deux chantiers pour pouvoir la garder plus longtemps, au moins 3-4 mois. En tant qu’employeur, lorsque l’on reçoit un CV avec des stages de quelques semaines, on se demande si la personne a donné satisfaction. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de proposer à cette femme un chantier plus long.
Le but étant qu’elle puisse avoir une véritable expérience. »Le recrutement s’effectue-t-il facilement ?
« Au début, non. Aujourd’hui, en revanche, un véritable dialogue s’est mis en place avec notre interlocuteur référent au PLIE. Nous recevons une pile de 5 ou 6 CV et nous choisissons. Si quelqu’un ne fait pas l’affaire, nous avons la possibilité d’embaucher une autre personne. Le dispositif demeure souple. »
Êtes-vous satisfait des personnes que vous avez ainsi embauchées ?
« Nous n’avons pas été déçus. Nous constatons que ces personnes, éloignées au départ de l’emploi, avaient toutes envie de travailler. Nous venons de recruter une femme sur un chantier de peinture. Elle est motivée, consciencieuse et minutieuse. A la fin, nous dresserons un bilan. Ce sera alors à elle de se vendre et de nous dire la plus-value qu’elle peut apporter à l’entreprise. Nous recherchons continuellement du personnel qualifié. D’autant plus qu’il va y avoir quelques départs en retraite. »



